You are currently browsing the monthly archive for février 2008.

Qui a dit ça ?

«Nous devons réfuter toutes les pleurnicheries contre le recours à la terreur par des arguments simples et évidents. La terreur est une arme de guerre. Nous menons un combat national et nous pouvons nous passer des états d’âme comme d’une rage de dents. Une bonne fois pour toutes : le terrorisme fait partie de la guerre politique.»

Qui a dit cette horreur? Oussama Ben Laden? Le mollah Omar? Baitullah Meshud, le chef de guerre pachtoune opérant au Waziristan (entre le Pakistan et l’Afghanistan), qui passe pour avoir organisé l’assassinat de Benazir Bhutto?

Quand ces propos inexcusables ont-ils été prononcés? Avant ou après le 11 septembre 2001? Avant ou après la guerre en Irak? Avant ou après la « montée de l’islamisme »? Rien de tout ça.

C’est M. Itzhak Shamir, ancien premier ministre d’Israël, qui l’a dit. Il l’a dit, et même écrit, en 1943. D’accord, c’était longtemps avant d’être premier ministre. Lire la suite »

Nespresso va installer des locaux administratifs luxueux à Lausanne, à quelques mètres du lac, dans une propriété superbe et richement boisée. Et, pour cela, abattre des dizaines d’arbres de haute futaie, démolissant au passage une ancienne maison. L’attrape-bobo-nigaud de la cafetière va inaugurer ces tout prochains jours sa plus grande boutique de Suisse au centre de Lausanne, dans l’ancien l’immeuble néo-classique pompier propriété de l’UBS sur la place St-François. Nespresso a besoin d’espace, de luxe et de beauté pour ses activités administratives et de marketing, ingrédients indispensables à la confiance et au succès des affaires.

Je voulais écrire un billet, mais un petit camarade a été plus rapide que moi. Heureusement. Pour savoir ce que la com de Nespresso ne dit pas, je vous incite vivement à lire son billet, sur le blog des élus de A Gauche Toute ! au Conseil communal de Lausanne: Nespresso : et quoi encore ? Lire la suite »

En Pologne, la loi encore en vigueur, dont le texte reconnaît aux femmes le droit de décider si et quand elles veulent être mères, est, dans la pratique, une loi anti-avortement. Teresa Jakubowska, militante pour les droits des femmes et porte-parole de RACJA (RAISON, parti de la Gauche polonaise)
m’a fait parvenir le texte ci-dessous sur la mise en pratique de la loi polonaise de 1993 sur l’avortement (du temps du « socialisme réellement existant », le droit à l’avortement était reconnu – ce qui ne dit encore rien sur les conditions dans lesquelles il était pratiqué). Cet article est traduit en lituanien et sera remis à tous les députés lituaniens, pour qu’ils sachent quel avenir dramatique ils préparent aux femmes de leur pays.

Je me contente donc de transmettre le texte de Teresa Jakubowska. Comme il est très long, je me suis permis de couper quelques lignes, et surtout de souligner en gras les passages particulièrement révoltants.

Parmi nombre de textes de loi quotidiennement bafoués en Pologne par les institutions censées veiller à leur bonne application, une place à part est réservée à la loi «anti-avortement», qui date de 1993. Après 37 ans de liberté de décider de leur maternité, les femmes en Pologne ont perdu leurs droits. Depuis plusieurs années, l’Eglise catholique et les gouvernements successifs ont tout fait pour que ceux qui devaient l’appliquer ne la connaissent pas et pour que les femmes ignorent leurs droits et n’exigent pas leur respect. Lire la suite »

Le 12 janvier, sous le titre de «Glaciation balte», j’inaugurais ce blog par un billet tout à fait déprimant : le funeste projet du Parlement lituanien de suivre l’exemple polonais et d’interdire l’avortement. Rappelons qu’aujourd’hui encore – et souhaitons-le pour toujours – les femmes lituaniennes peuvent interrompre leur grossesse tout à fait légalement. Faute d’une diffusion suffisante des méthodes contraceptives, due aussi à la privatisation galopante de la santé (et peut-être aussi héritage historique des pratiques soviétiques), le recours à l’avortement est encore assez répandu comme contraception à posteriori. Il y a donc fort à parier que la majorité des femmes lituaniennes ne sont pas opposées à l’avortement, d’une part, et que beaucoup d’entre elles souffriraient gravement d’une interdiction imposée par les milieux réactionnaires.

Malgré un silence presque total des médias sur cette nouvelle, et grâce à l’opiniâtreté du réseau féministe de la gauche européenne, la nouvelle a filtré suffisamment pour émouvoir quelques élus européens. Ils ont envoyé une lettre au président du Parlement de la république de Lituanie. Lire la suite »

Il y a deux ou trois semaines, un article du Temps s’émouvait (1): les jeunes portent de moins en moins de montres au poignet. Plus de deux tiers des adolescents états-uniens regardent l’heure sur leur téléphone portable. Est-ce inquiétant pour l’horlogerie suisse, docteur?

Si mes souvenirs sont bons, l’article concluait que non: la pression sociale impose la montre, donc pas de souci, il n’y a rien à craindre de la concurrence des portables. Et la gazette des «classes moyennes» – comme ils disent – de convoquer quelques experts pour confirmer cette analyse. Le patron d’une fabrique de montres de luxe, l’inévitable fils Hayek (le marchand de montres, pas le théoricien autrichien du libéralisme pur, qui d’ailleurs se prénommait Friedrich et avait une particule devant son patronyme), et le conservateur du Musée d’ethnographie de Neuchâtel. Tous diagnostiquent que les tocantes se portent comme le Pont Neuf. Tant mieux. Lire la suite »

Le diaporama qui suit se passe de commentaires. Tout le monde comprend les légendes au bas des photos, même sans savoir l’anglais.

L’école en Palestine:

Peu après le lever du jour, à Hébron, en Cisjordanie, des enfants en chemin pour l’école sont arrêtés à un check-point. Les soldats leur refusent le passage et leur ordonnent de retourner à la maison. Quelques enfants, dont des filles, défient les soldats et tentent de passer quand même. Peine perdue. Leur institutrice est avec eux, alors ils font la classe assis par terre, devant le check point. Une petite fille parvient même à lire une BD… Quelques jeunes garçons plus hardis tentent la bagarre, mais ils sont maîtrisés et certains sont arrêtés.

La légende finale du diaporama est :

« Si vous avez un tout petit peu de cœur, transmettez ces photos à tous vos amis. Et alors quelqu’un, peut-être, réalisera ce que les Palestiniens endurent tous les jours. »

Alors je le fais. Et he me demande: que peuvent bien penser les jeunes soldats israéliens en poste au check-point?

Les soins dentaires en Suisse me font hurler. Non pas les soins, qui sont excellents la plupart du temps, mais le fait qu’ils ne sont pas inclus dans les soins médicaux de base, donc sont à la charge totale du patient. Ils sont considérés comme des soins de confort. Oui, du confort, sauf pour les mômes, et encore.

Les dents, la mastication, la digestion, sans parler de l’esthétique minimum, c’est du confort. Tu peux manger des bouillies, ou mâcher tes hamburgers sur tes gencives: personne n’en est jamais mort. L’esthétique, l’image de soi, c’est aussi la preuve que tu sais te montrer responsable, que tu sais te prendre en charge. Et si tu ne peux pas payer, c’est que c’est du luxe pour toi. Point. Lire la suite »

Je viens de terminer la lecture de Le 210e jour, de Natsumé Sosêki. C’est le deuxième livre que je lis de cet auteur. L’été dernier, faisant de l’ordre dans des livres hérités d’une vieille amie, j’ai découvert Oreiller d’herbe. J’en ai été tellement éblouie que je  l’ai immédiatement offert à deux amis (un exemplaire à chacun, bien sûr!). Je sais, je retarde, et j’étale ici mon inculture. Tant pis.  J’ai appris, depuis, que Sosêki est un des plus grands écrivains japonais, qu’il était professeur de littérature anglaise à Tokyo, qu’il est mort en 1916, et que son portrait a même décoré des billets de banque. Lire la suite »

L’appartement que je loue est mis en vente. Mon propriétaire, une régie immobilière de Genève qui a déjà défrayé la chronique pour des pratiques bizarres au bout du lac (du moins je suppose que c’est elle, la propriétaire) a acheté l’immeuble où j’habite depuis bientôt quinze ans. C’est une maison charmante construite au tout début du XXe siècle, un peu délabrée, mais pleine de prestance et de charme. Le but du propriétaire est évidemment d’en faire ce qu’on appelle élégamment «un immeuble de rapport» et d’en tirer le maximum de fric possible. C’est autorisé, c’est même encouragé par les valeurs dominantes, pourquoi se gêner? Lire la suite »