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«Employabilité»: voilà un mot au cœur de la révision de la Loi sur l’assurance chômage. Un mot que nous devrons critiquer vigoureusement au cours de la campagne référendaire, afin de la renvoyer à leurs auteurs le 26 septembre prochain. Car être employable, au sens de cette loi, c’est accepter sans protester de se faire exploiter.

Apparu probablement dans les années 1980, en même temps que d’autres mots épouvantables du management néolibéral, comme «profitabilité», «efficience», «finaliser», «valider», «équité», «droizédevoir», l’employabilité désigne «les capacités d’une personne à se maintenir dans un emploi ou à en trouver un». D’abord réservé à certaines catégories de la population, en particulier les personnes handicapées physiques et mentales ou les chômeurs de longue durée, le mot s’est imposé au fur et à mesure que les assauts des classes dominantes et des gouvernements pour généraliser la flexibilité du «marché du travail» gagnaient du terrain. Désormais, il nous concerne tous. A chacun et chacune de prouver qu’il est «employable». Et donc, peut-être, «inemployable», autrement dit inutile, un déchet même pas recyclable, à jeter. Lire la suite »

bundschuhfahne-holzschnitt1Pourquoi est-ce que je m’énerve contre la tribune libre ─ parue dans 24 heures de samedi 17 janvier ─ de M. Pierre-Antoine Hildbrand, et pas contre une autre ? J’en ai pourtant lu plusieurs, dans le genre répétitif. Il n’empêche : celle-là me démange depuis deux jours, elle a fini par me jeter sur le clavier. Pierre-Antoine Hildbrand est, dit-on, le futur phénix des hôtes des bois radicaux. Destiné, apparemment, à gravir les échelons du pouvoir ─ les élections auront lieu en 2011, c’est tout bientôt ─ il doit se faire remarquer. Il part avec quelques handicaps favorables: c’est un assez beau jeune homme, bien propre sur lui, plein de bonnes manières et de culture générale. Il est bourré comme un poêle Godin d’idées et de propositions à la fois originales et frappées au coin du bon sens terrien. Hélas pour sa jolie figure, il défend des positions politiques parfaitement infectes, et marquées par la haine de classe.

«Invité» de 24 heures, il tonitrue : «Faudra-t-il payer encore et encore?» Il évoque la toute prochaine et nécessaire recapitalisation de la Caisse de pensions du personnel communal de Lausanne, qu’il va ensuite critiquer durement. C’est son droit et ce n’est pas surprenant. Je ne suis pas assez compétente pour commenter les solutions municipales en la matière et me contente ici de mettre en évidence quelques arguments ressassés ad nauseam par la droite vaudoise (mais aussi celle de tous pays, et LausannEnsemble n’invente rien, jamais). Lire la suite »

Parole de politicienne radicale : « C’est très politiquement correct de s’offusquer d’un gag sur une femme. » Politiquement correct, donc ridicule. Pauvre dame !

Le Parti radical vaudois héberge quelques beaufs, ce n’est pas un scoop. La presse ─ c’est-à-dire 24 Heures, s’est agitée un brin ces jours:  le rédacteur de la Nouvelle Revue, l’immortelle feuille de chou du vieux parti bourgeois, fait de l’humour de caserne sur des politiciennes locales, de «gauche» comme de droite. Interpellée, en plein conflit de loyauté entre ses appartenances à son parti et à son genre, la présidente radicale, la pauvre, choisit son camp et renvoie le journaliste à son dogmatisme bien-pensant. Lire la suite »