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800px-winslow_homer_-_croquet_players«Oui, mais toi, tu es contre le sport.» Cet ami m’a lancé cette petite phrase ─ que j’entends assez souvent ─ lors d’une discussion sur une manifestation sportivo-publicitaire organisée récemment dans la vieille ville de Lausanne. Nous étions d’accord pour trouver déplorable la décision de la Municipalité d’autoriser ce marchand de limonade à construire une piste de glace, ainsi que ses arguments («C’est du sport, et ça plaît aux jeunes»). Mon ami ne m’a pas dit que mon opposition à l’exhibition ─ qui, parait-il, a rassemblé 40’000 personnes dans la liesse ─ avait moins de valeur parce que je suis «contre le sport». Mais peut-être n’en pensait-il pas moins?

Toujours est-il que sa remarque m’a plongée dans des abîmes: suis-je contre le sport? Je ne crois pas. Mais, je le confesse, le sport ne tient aucune place dans ma vie ni dans mon espace mental, et cela depuis ma prime jeunesse. J’ai beaucoup aimé nager, faire de la gymnastique, des courses en (petite) montagne, partir en randonnée de plusieurs jours, sac au dos, à pied ou à vélo. Aujourd’hui, sexagénaire, je me contente de passer la débroussailleuse, bêcher, sarcler, désherber, me balader avec mes chiens. C’est une activité physique, pas du sport.

Le sport ne m’intéresse pas. Je suis incapable de citer les tournois qui se déroulent pourtant dans ma ville. Je ne mémorise pas les noms des champions de quelque sport que ce soit, même quand ils viennent faire les guignols sur le plateau d’un talk show télévisé. Je zappe dès que trois images de match de foot passent sur mon écran TV. Je n’accorde pas un regard aux pages sportives des journaux. Je ne repère la tenue d’Athlétissima que parce que la manifestation se clôt par un superbe feu d’artifice, qui jette ma chienne, terrifiée, dans le mince espace entre la baignoire et la cuvette des toilettes. N’ayant pas eu d’enfants, je n’ai pas tenu le rôle de supporter inconditionnel au bord d’un stade où ma progéniture tapait dans un ballon.

Peut-on déduire avec certitude de cette indifférence épaisse que je suis contre le sport? Lire le reste de cette entrée »

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hotel-de-ville-heilbronnLe Bureau vaudois de l’égalité entre les femmes et les hommes organise tout prochainement à Lausanne une conférence sur l’existence des garderies sous le titre «Quand le travail coûte plus qu’il ne rapporte. Impact de la fiscalité et des frais de crèche sur l’activité professionnelle des femmes». C’est le thème de la recherche effectuée par une professeure de l’université de St-Gall, Monika Bütler. Celle-ci a établi que pour les femmes mariées et mères de deux enfants, notamment, les frais de garde cumulés aux impôts coûtent trop cher. Ces femmes n’ont donc aucun intérêt (financier) à travailler plus de trois jours par semaine.

Ce sont sans doute des raisons similaires qui ont conduit la ville de Heilbronn, ville du sud de l’Allemagne, au bord du Neckar, à offrir aux familles qui l’habitent la gratuité totale des garderies. C’est le quotidien junge Welt qui le raconte dans son édition du 2 mars dernier, sous le titre en forme de clin d’oeil de «Presque comme sous le socialisme». (junge Welt est un ancien journal est-allemand, qui survit sous le régime capitaliste sauvage grâce à son rachat par diverses associations et syndicats.) Lire le reste de cette entrée »