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bundschuhfahne-holzschnitt1Pourquoi est-ce que je m’énerve contre la tribune libre ─ parue dans 24 heures de samedi 17 janvier ─ de M. Pierre-Antoine Hildbrand, et pas contre une autre ? J’en ai pourtant lu plusieurs, dans le genre répétitif. Il n’empêche : celle-là me démange depuis deux jours, elle a fini par me jeter sur le clavier. Pierre-Antoine Hildbrand est, dit-on, le futur phénix des hôtes des bois radicaux. Destiné, apparemment, à gravir les échelons du pouvoir ─ les élections auront lieu en 2011, c’est tout bientôt ─ il doit se faire remarquer. Il part avec quelques handicaps favorables: c’est un assez beau jeune homme, bien propre sur lui, plein de bonnes manières et de culture générale. Il est bourré comme un poêle Godin d’idées et de propositions à la fois originales et frappées au coin du bon sens terrien. Hélas pour sa jolie figure, il défend des positions politiques parfaitement infectes, et marquées par la haine de classe.

«Invité» de 24 heures, il tonitrue : «Faudra-t-il payer encore et encore?» Il évoque la toute prochaine et nécessaire recapitalisation de la Caisse de pensions du personnel communal de Lausanne, qu’il va ensuite critiquer durement. C’est son droit et ce n’est pas surprenant. Je ne suis pas assez compétente pour commenter les solutions municipales en la matière et me contente ici de mettre en évidence quelques arguments ressassés ad nauseam par la droite vaudoise (mais aussi celle de tous pays, et LausannEnsemble n’invente rien, jamais). Lire le reste de cette entrée »

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180px-roma_flagsvgLa presse ─ 24 heures de vendredi 16 janvier, en l’occurrence ─ rapporte une nouvelle ignominie des autorités genevoises : la police (elle agit sur ordre, évidemment) a traqué pendant toute une journée des mendiants rroms, frétant même un car pour les ramener gratuitement en Roumanie ─ dont les Rroms n’ont pas voulu. Argument du lieutenant de police pour justifier cette intervention: les «doléances fréquentes» à propos de ces gens.

Premier canton romand à sauter le pas, Genève a promulgué une loi interdisant la mendicité. C’est une application typique de NIMBY, le Not In My Backyard ─ « pas dans mon arrière-cour » ─ des Anglo-saxons. Non, non, nous n’avons rien contre ces gens, simplement nous ne voulons pas les voir! Qu’ils aillent mendier ailleurs, ici c’est interdit, nous sommes propres! C’est aussi une manifestation abjecte de la pensée magique : si ces sales pauvres disparaissent de ma vue, ils n’existeront plus.De leur sort, je me lave les mains.

Mesemrom, l’association de défense des Rroms, a bien recouru au Tribunal fédéral contre cette loi, mais celui-ci l’a déboutée, le 9 mai 2008. D’après les journaux d’alors, «la Cour [a invoqué] l’intérêt public et le respect du principe de proportionnalité et estime que cette interdiction est une restriction admissible de la garantie de la liberté personnelle». Vraiment, il y en a qui ne manquent pas d’air ! C’est vrai aussi que le Tribunal fédéral n’est pas là pour être juste au sens de la justice, mais pour être en phase, dans ses jurisprudences, avec l’idéologie dominante. Et l’idéologie dominante, elle pue. D’autant plus que les juges, qui ne sont pas franchement des prolétaires, s’en foutent: les victimes de leur loi, ce sont des pauvres, peut-être les plus pauvres de tous les Européens. Et surtout les plus frappés par le racisme. Quel rapport peuvent-ils bien avoir avec la vie d’un juge fédéral ? Lire le reste de cette entrée »

lindingre-31Ouille, ouille, ouille, ça craint! Tous aux abris! Et si la crise économique poussait les patrons à se désintéresser du fonctionnement de l’entreprise au quotidien? Et que faut-il faire si une entreprise est menacée par la faillite, une fusion, une restructuration? Et si la fraude en entreprise augmentait? Les pires fraudeurs, c’est qui? Les cadres? Les patrons eux-mêmes? Les entreprises doivent-elles organiser un service officiel de délation par téléphone ou en ligne? A votre avis?

C’est en gros ce que veut savoir un sondage tombé dans ma boîte à courriels. A en juger par les questions, les commanditaires du sondage ont l’impression très nette que «le char de l’entreprise navigue sur un volcan», comme aurait dit Monsieur Prudhomme.

Depuis quelques mois, je fais partie d’un panel de sondés en ligne pour l’Institut Link. D’habitude je dois répondre à des questions sur les shampoings que je connais, les cigarettes que je fume ou les spiritueux que je bois. Le dernier en date, menaces de crise aidant, le sondage porte sur «l’impact et les conséquences» que «l’environnement actuel des affaires» – délicieux euphémisme – pourraient avoir sur mon entreprise. Lire le reste de cette entrée »

cupC’était dimanche, 11 janvier. Un jour où, exceptionnellement, nous n’avions pas honte de notre gouvernement helvétique. Nous pouvions presque être fiers: la Suisse, par son Département des affaires étrangères (DFAE), soutient la demande d’une réunion extraordinaire du Conseil des droits de l’homme de l’ONU sur la situation à Gaza. C’était sans compter avec la presse, en l’occurrence la Radio suisse romande La Première, au journal de 12h30.

Sous couvert d’objectivité, probablement (mais les journalistes croient-ils eux-mêmes à cette supercherie), le journal ─ qui a consacré quand même 2 minutes 55 secondes au sujet ─ a non seulement traité l’initiative suisse par-dessous la jambe, mais a fait une place de choix aux propos de l’ambassadeur d’Israël, couronnant le tout en donnant les résultats d’un sondage bidon, voire bidonné. Que même un enfant de cinq ans comprend tout de suite que c’est du foutage de gueule.

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femmes-en-noir-international1Je ne ferai pas de commentaires sur l’horreur de la situation à Gaza. Sur la toile, les analyses, les témoignages, les cris d’indignation se multiplient.  Tout juste suggérerais-je d’aller lire le billet d’Alain, qui cherche à comprendre; et celui de Mona Chollet et Thomas Lemahieu, Construire l’ennemi, parce que c’est un excellent article et que Périphéries est un de mes sites préférés, qui traite de la question palestinienne depuis plusieurs années.

Heureusement, le 5 janvier un message est tombé dans ma boîte à courriels. Je ne peux faire autrement que le relayer  immédiatement.  Au moins ça… Emanant de plusieurs organisations de femmes israéliennes, il a été envoyé le 31 décembre 2008 par les Femmes en Noir à divers réseaux de femmes européennes.

consulat-toronto1Et le 8 janvier, on apprend qu’un groupe de Canadiennes juives occupent le consulat israélien de Toronto, pour protester contre l’attaque israélienne contre la population de Gaza. Selon le communiqué, les protestataires occupent le consulat pour envoyer le message clair que beaucoup de juifs canadiens ne soutiennent pas la violence d’Israël et ses politiques d’apartheid. Ils se joingnent aux peuples de conscience partout dans le  monde, qui demandent la fin de l’agression israélienne et la justice pour le peuple palestinien.

Et toujours le 8 janvier, le CICR, pourtant extrêmement prudent dans ses déclarations, qui tourne 7777 fois sa langue dans sa bouche avant de prononcer ce qui pourrait ressembler à une condamnation politique, lance un appel et publie un communiqué atroce sur ce que l’équipe du CICR et du Croissant-Rouge palestinien ont découvert dans un quartier de maisons touchées par les bombardements israéliens: des blessés, des tout petits enfants enfants trop faibles pour se lever à côté de leurs mères respectives, mortes.  Il demande d’urgence l’accès aux blessés et conclut ce communiqué par ces mots: « Le CICR estime que dans le cas présent, l’armée israélienne n’a pas respecté son obligation de prendre en charge les blessés et de les évacuer, comme le prescrit le droit international humanitaire. Il juge inacceptable le retard avec lequel l’accès a été donné aux services de secours. »

La déclaration des femmes israéliennes:

Nous, organisations de paix de femmes appartenant un large spectre d’opinions politiques, exigeons la fin des bombardements et autres instruments de mort, et appelons au commencement immédiat de délibérations pour parler de paix et ne pas faire la guerre. La danse de morts et des destructions doit finir. Nous exigeons que la guerre ne soit plus une possibilité, ni la violence une stratégie, ni l’assassinat une alternative. La société que nous voulons en est une dans laquelle chaque personne peut mener une vie en sécurité ─ personnelle, économique et sociale.

Il est évident que le prix le plus élevé est payé par les femmes et d’autres de la périphérie ─ géographique, économique, ethnique, sociale et culturelle ─ qui maintenant, comme toujours sont exclues de la vue du public et du discours dominant.
Le temps des femmes c’est maintenant. Nous exigeons que les mots et les actes soient dirigés dans un autre langage. Lire le reste de cette entrée »

saigonCe n’est pas seulement dû à la crise présente ─ elle  pourrait cependant accentuer le phénomène ─ il y a pourtant quelque chose dans l’air : la «motivation», ce must, cette condition sine qua non à toute réussite, notamment professionnelle, traîne les pieds. Les articles sur la souffrance au travail, sur les méfaits du nouveau management dans les entreprises, sur les suicides d’employés soumis à des stress trop importants se multiplient. Parmi les derniers exemples en date, le livre, recensé par 24 heures du 26 décembre dernier, L’Open space m’a tuer, rédigé par deux consultants trentenaires, qui savent de quoi ils parlent. Apparemment ─ je ne l’ai pas lu ─ c’est un livre sur la carbonisation des jeunes cadres «qui en veulent». Et qui ensuite en veulent grave à leur entreprise de leur avoir imposé «une véritable dictature de la positive attitude» et de les avoir soumis à ces nouvelles formes de violence que sont le «diktat de la bonne humeur et de la convivialité, la fausse liberté qu’offre la flexibilité, le supplice du timesheet, la folie de l’évaluation et de l’autoévaluation…» Je ne l’ai pas lu, mais j’en cause. En effet, ce que dénonce L’Open space m’a tuer ressemble diablement à la démonstration de Guillaume Paoli dans son Eloge de la démotivation.

Guillaume Paoli, c’est un des initiateurs des Chômeurs heureux, apparus à Berlin en 1996. C’est aussi un des rédacteurs, avec Nicolas Arraitz, de CQFD, du Manifeste des chômeurs heureux, publié aux Editions du chien rouge. (Le Manifeste est actuellement épuisé, mais il en existe de bons extraits sur la toile.)

Le propos de son petit livre pourrait se résumer sommairement ainsi: la motivation des individus, travailleurs, consommateurs, téléspectateurs, lecteurs, sportifs et autres citoyens ordinaires sous nos latitudes, est une condition essentielle à la perpétuation de World Trade Inc. ─ c’est ainsi que Paoli désigne le capitalisme ─ par conséquent, pour ses adversaires et ses victimes, la démotivation s’impose. Lire le reste de cette entrée »

limoges

Dénoncée sur ce blogue en janvier dernier, puis début décembre, l’arnaque à la porcelaine croît et embellit dans de nombreuses villes de France, de Suisse et de Belgique. Le commentaire d’un lecteur suisse alémanique mentionne que les bonimenteurs se sont même mis au schwytzertütsch pour mieux arnaquer les personnes âgées de Muttenz, dans la banlieue de Bâle! Vu la difficulté de cette langue (à moins que les «porcelainiers» n’aient recruté en Alsace voisine, qui parle à peu près le même dialecte), c’est dire si l’affaire est juteuse et digne d’efforts…

Mais les résistances s’organisent et les avertissements se multiplient sur le web. Suffisamment en tout cas pour titiller l’intérêt d’une journaliste de Canal +, qui travaille actuellement à une enquête. Elle demande instamment que les personnes qui ont été témoin ou victimes d’arnaques à la porcelaine et qui ont écrit des commentaires sur ce blogue de prendre contact avec elle par courriel. Une erreur de retranscription m’a fait indiquer une fausse adresse dans un des billets. Qu’elle m’en excuse, et tous ceux qui ont peut-être essayé vainement de la joindre. La bonne adresse, c’est: sophiebonnet@hotmail.com.

Crédit image: merci à Innocent, mon complice dans cette affaire, de me prêter cette photo de l’assiette «de collection» reçue en cadeau au Beau-Rivage.