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En Allemagne, la guerre au terrorisme a fait une nouvelle victime. Et peut-être même deux, voire trois. Un professeur de science politique et militant altermondialiste et un juge. Le premier a été jugé pour avoir appelé à braquer une banque avec des pistolets en chocolat. L’autre n’a pas craint le ridicule en le condamnant sévèrement. Quant au droit de manifester, il a pris un nouveau vol de plomb dans l’aile.

La guerre sans fin contre le terrorisme et la subversion rend fou, à première vue. En réalité, partout hélas, et même à Lindau, petite ville de Bavière au bord du lac de Constance, cette guerre permet de limiter, voire d’annuler, le droit de manifester publiquement et collectivement des critiques au gouvernement. C’est le quotidien junge Welt qui rapporte sobrement l’affaire.

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Que les riches et les puissants qui gouvernent le monde soient parfaitement cyniques dans leur volonté d’extraire du profit privé de tout ─ l’air, l’eau, la terre, la lumière, l’esprit, la générosité spontanée ─ n’est pas un scoop. Mais comment s’y prennent-ils pour capter le bas de laine des «investisseurs» privés? La Chronique Agora vous dit tout et pose la question qui doit faire frétiller ses lecteurs: «Après la guerre du feu, la guerre de l’eau?»

Deux ou trois fois par jour, la Chronique Agora, une «maison d’éditions financières» propose gratuitement et par courriel, «une analyse érudite et sensée des marchés financiers», parce que «la finance est une passion très enrichissante» (on ne saurait mieux dire!). Du coup, on se demande bien de quoi ces gens vivent…

Ces jours, la Chronique Agora tient pour l’eau, «la ressource qui fera couler plus de sang que le pétrole», parce que «l’or bleu [est] un élément vital pour la planète… et pour vos investissements». L’eau, donc la capacité d’en maîtriser l’approvisionnement et la gestion, sera ainsi la grande affaire des nations, et des spéculateurs, au XXIe siècle.

Suivent des explications factuelles, évidemment savamment organisées pour renforcer leur impact publicitaire: les changements climatiques, l’eau disponible aujourd’hui, la pénurie d’eau potable qui frappe un tiers de la population mondiale, l’eau contaminée qui provoque des maladies graves chez un milliard d’être humains chaque année, tuant plus de personnes que les guerres mondiales du XXe siècle. Le prix de l’eau, aussi: ainsi, en 2008 en Chine, une pollution industrielle du lac Tai a privé pendant dix jours ses riverains d’eau potable, faisant monter les prix d’un gallon d’eau de 1 dollars à 6,5 dollars. Dans ce pays, seule la moitié des plus grandes villes a un système de traitement des eaux. Le nombre de maladies liées à la consommation d’une eau polluée augmente… Et en plus des conséquences sanitaires et écologiques, «la situation des ressources en eau risque également d’affecter la croissance économique du pays», notamment à cause de l’absentéisme au travail. Des maladies des pauvres, de leur mort, les «investisseurs»peuvent toujours s’accommoder, mais les freins à la croissance, là, ça craint vraiment.

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Une pub à la radio française fait soudain dresser l’oreille. Pour vanter ses systèmes de sécurité, une banque interroge ses clients potentiels: savent-ils tout ce que les cambrioleurs l’ont amenée à découvrir pour mieux les protéger? Et les publicitaires, savent-ils qu’ils reprennent là une théorie de Karl Marx?

La citation est de mémoire, le café matinal n’avait pas encore produit tous ses effets. Pourtant, c’est sûr: une banque française retrouvait ─ spontanément, probablement ─ une théorie très amusante de Karl Marx sur la contribution des criminels au fonctionnement de la société, au développement de l’intelligence et à l’enrichissement de ceux qui le combattent. A propos des «bénéfices secondaires du crime», il a écrit, au détour  du quatrième livre de son grand œuvre, Le Capital, un chapitre tout à fait amusant, que je ne résiste pas à reproduire, dans une version légèrement raccourcie et  soulignant en gras les passages les plus croquignolets, afin de ne pas lasser le lecteur. Ce passage de Marx (tiré des «Théories sur la plus-value» dans le Capital livre IV) est assez connu, il a d’ailleurs a été diffusé tout récemment sur son site par la Fondation Copernic.  Lisez, cela en vaut la peine et c’est une occasion de vérifier que le petit père Marx n’est pas toujours aussi compliqué, ni surtout aussi dépassé que ses détracteurs le disent!

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Flint2764Les écologistes en rêvent: arracher l’asphalte des parkings, supprimer les routes inutiles, meurtrières et polluantes, jeter bas les bâtiments de béton, raser les horribles zones industrielles et commerciales à l’orée des villes… Et rendre, enfin, ses droits à la nature, laisser pousser les arbres et respirer la terre. Et, ce faisant, faire enfin reculer l’étouffante laideur dans laquelle nous condamnent à vivre ceux qui ne jurent que par la «croissance».

Le prix humain et social en est élevé, mais la crise de l’automobile aux Etats-Unis permet aux écologistes de réaliser leurs rêves les plus fous.

Selon The Telegraph du 12 juin dernier, repris par le site Contre Info, Flint, la ville du Michigan (USA) berceau de General Motors, la ville du Roger and Me de Michael Moore, a décidé de raser des quartiers entiers pour les rendre à la nature. Déjà aujourd’hui, des rues de la ville traversent des prés et des petits bois, sans plus aucune trace des maisons individuelles qui les bordaient. Lire le reste de cette entrée »

Riponne LausanneL’espoir fou placé dans les pouvoirs des découvertes techniques pour créer un monde meilleur a la vie dure! Grâce à la science, un jour, les poules auront des dents. Et les véhicules automobiles individuels seront comme des fleurs, ils rouleront sans émettre la moindre molécule empoisonnée.

Ainsi, l’autre soir, le Conseil communal de Lausanne débattait de la prolongation, jusqu’en 2059, d’un droit de superficie au bénéfice de la société exploitante d’un parking souterrain au centre de la ville. Rapidement, le débat tourna autour de la question : «Qu’allons-nous laisser à nos enfants et petite enfants dans 50 ans?» Une place hideuse, et encore plus de pollution atmosphérique et urbanistique, si nous continuons à laisser la Riponne aux bagnoles, affirmaient les uns. Tandis que les autres soutenaient l’urgence de maintenir, voire de développer le commerce en ville, ce qui nécessite de laisser les voitures accéder au centre.

Pour combattre les utopistes écolos, qui envisageaient sans frémir la disparition de la voiture, une conseillère active au sein de l’Association des commerçants, poussa un cri, dont on entendit bien qu’il lui venait du cœur. En substance : ayons confiance! D’ici que nos petits enfants soient adultes, la science aura progressé et permettra de construire des voitures non polluantes! En résumé, expliquait-elle, grâce à la science, tout va changer… pour que rien ne change et que tout continue comme devant. En mieux. Lire le reste de cette entrée »

lindingre-31Ouille, ouille, ouille, ça craint! Tous aux abris! Et si la crise économique poussait les patrons à se désintéresser du fonctionnement de l’entreprise au quotidien? Et que faut-il faire si une entreprise est menacée par la faillite, une fusion, une restructuration? Et si la fraude en entreprise augmentait? Les pires fraudeurs, c’est qui? Les cadres? Les patrons eux-mêmes? Les entreprises doivent-elles organiser un service officiel de délation par téléphone ou en ligne? A votre avis?

C’est en gros ce que veut savoir un sondage tombé dans ma boîte à courriels. A en juger par les questions, les commanditaires du sondage ont l’impression très nette que «le char de l’entreprise navigue sur un volcan», comme aurait dit Monsieur Prudhomme.

Depuis quelques mois, je fais partie d’un panel de sondés en ligne pour l’Institut Link. D’habitude je dois répondre à des questions sur les shampoings que je connais, les cigarettes que je fume ou les spiritueux que je bois. Le dernier en date, menaces de crise aidant, le sondage porte sur «l’impact et les conséquences» que «l’environnement actuel des affaires» – délicieux euphémisme – pourraient avoir sur mon entreprise. Lire le reste de cette entrée »

saigonCe n’est pas seulement dû à la crise présente ─ elle  pourrait cependant accentuer le phénomène ─ il y a pourtant quelque chose dans l’air : la «motivation», ce must, cette condition sine qua non à toute réussite, notamment professionnelle, traîne les pieds. Les articles sur la souffrance au travail, sur les méfaits du nouveau management dans les entreprises, sur les suicides d’employés soumis à des stress trop importants se multiplient. Parmi les derniers exemples en date, le livre, recensé par 24 heures du 26 décembre dernier, L’Open space m’a tuer, rédigé par deux consultants trentenaires, qui savent de quoi ils parlent. Apparemment ─ je ne l’ai pas lu ─ c’est un livre sur la carbonisation des jeunes cadres «qui en veulent». Et qui ensuite en veulent grave à leur entreprise de leur avoir imposé «une véritable dictature de la positive attitude» et de les avoir soumis à ces nouvelles formes de violence que sont le «diktat de la bonne humeur et de la convivialité, la fausse liberté qu’offre la flexibilité, le supplice du timesheet, la folie de l’évaluation et de l’autoévaluation…» Je ne l’ai pas lu, mais j’en cause. En effet, ce que dénonce L’Open space m’a tuer ressemble diablement à la démonstration de Guillaume Paoli dans son Eloge de la démotivation.

Guillaume Paoli, c’est un des initiateurs des Chômeurs heureux, apparus à Berlin en 1996. C’est aussi un des rédacteurs, avec Nicolas Arraitz, de CQFD, du Manifeste des chômeurs heureux, publié aux Editions du chien rouge. (Le Manifeste est actuellement épuisé, mais il en existe de bons extraits sur la toile.)

Le propos de son petit livre pourrait se résumer sommairement ainsi: la motivation des individus, travailleurs, consommateurs, téléspectateurs, lecteurs, sportifs et autres citoyens ordinaires sous nos latitudes, est une condition essentielle à la perpétuation de World Trade Inc. ─ c’est ainsi que Paoli désigne le capitalisme ─ par conséquent, pour ses adversaires et ses victimes, la démotivation s’impose. Lire le reste de cette entrée »

Enfin quelqu’un l’a fait ! Des citoyens allemands curieux et méthodiques ont comparé, emballages, ingrédients et appareil photo en main, l’écart entre la pub pour les plats de cuisine industrielle et la réalité. Edifiant, mieux que tous les commentaires sur la malbouffe, les incitations à la diététique, les discours moraux sur les entreprises à l’origine de Super Size Me, les démontages méthodiques du commerce à l’ère néolibérale.

Il faut avoir l’estomac solide ! Pas pour en manger, on n’oserait pas, mais rien que de regarder, on a l’estomac au bord des lèvres. Courez-y, si vous ne l’avez pas encore vu, c’est sur le site de pundo 3000, mais vous pouvez aussi l’atteindre en allant sur rezo.net – ce qui vous donnera, en plus, l’occasion de lire un tas d’autres articles intéressants. Lire le reste de cette entrée »

L’appartement que je loue est mis en vente. Mon propriétaire, une régie immobilière de Genève qui a déjà défrayé la chronique pour des pratiques bizarres au bout du lac (du moins je suppose que c’est elle, la propriétaire) a acheté l’immeuble où j’habite depuis bientôt quinze ans. C’est une maison charmante construite au tout début du XXe siècle, un peu délabrée, mais pleine de prestance et de charme. Le but du propriétaire est évidemment d’en faire ce qu’on appelle élégamment «un immeuble de rapport» et d’en tirer le maximum de fric possible. C’est autorisé, c’est même encouragé par les valeurs dominantes, pourquoi se gêner? Lire le reste de cette entrée »

Elle est trop bonne, je ne résiste pas! Une dépêche de l’Agence France Presse l’annonce: « Un accord à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) sur la libéralisation du commerce mondial serait le meilleur moyen d’écarter le risque protectionniste accru par la crise financière mondiale, a estimé vendredi le directeur général de l’institution, Pascal Lamy », accessoirement en villégiature à Davos. C’est moi qui souligne.

Bon, on commence par respirer. Et par récapituler.

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