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800px-winslow_homer_-_croquet_players«Oui, mais toi, tu es contre le sport.» Cet ami m’a lancé cette petite phrase ─ que j’entends assez souvent ─ lors d’une discussion sur une manifestation sportivo-publicitaire organisée récemment dans la vieille ville de Lausanne. Nous étions d’accord pour trouver déplorable la décision de la Municipalité d’autoriser ce marchand de limonade à construire une piste de glace, ainsi que ses arguments («C’est du sport, et ça plaît aux jeunes»). Mon ami ne m’a pas dit que mon opposition à l’exhibition ─ qui, parait-il, a rassemblé 40’000 personnes dans la liesse ─ avait moins de valeur parce que je suis «contre le sport». Mais peut-être n’en pensait-il pas moins?

Toujours est-il que sa remarque m’a plongée dans des abîmes: suis-je contre le sport? Je ne crois pas. Mais, je le confesse, le sport ne tient aucune place dans ma vie ni dans mon espace mental, et cela depuis ma prime jeunesse. J’ai beaucoup aimé nager, faire de la gymnastique, des courses en (petite) montagne, partir en randonnée de plusieurs jours, sac au dos, à pied ou à vélo. Aujourd’hui, sexagénaire, je me contente de passer la débroussailleuse, bêcher, sarcler, désherber, me balader avec mes chiens. C’est une activité physique, pas du sport.

Le sport ne m’intéresse pas. Je suis incapable de citer les tournois qui se déroulent pourtant dans ma ville. Je ne mémorise pas les noms des champions de quelque sport que ce soit, même quand ils viennent faire les guignols sur le plateau d’un talk show télévisé. Je zappe dès que trois images de match de foot passent sur mon écran TV. Je n’accorde pas un regard aux pages sportives des journaux. Je ne repère la tenue d’Athlétissima que parce que la manifestation se clôt par un superbe feu d’artifice, qui jette ma chienne, terrifiée, dans le mince espace entre la baignoire et la cuvette des toilettes. N’ayant pas eu d’enfants, je n’ai pas tenu le rôle de supporter inconditionnel au bord d’un stade où ma progéniture tapait dans un ballon.

Peut-on déduire avec certitude de cette indifférence épaisse que je suis contre le sport? Lire le reste de cette entrée »

Impossible d’échapper à la grande fête de la solidarité sportive de l’été 2008. Le voudrait-on, on ne pourrait pas. Même les enfants de nos écoles voient leur vie changée à cause des matches. Donc leurs enseignants et leurs parents aussi. Et, d’ailleurs, de tous les usagers des CFF. C’est une information parue sur la lettre de la Direction générale de l’enseignement obligatoire du Département de la formation et de la jeunesse du canton de Vaud (ouf) qui le dit.

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