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Après le terrible vote de la majorité des Suisses pour expulser les « criminels étrangers », outre les manifestations, un peu d’humour et de poésie ne peuvent pas faire de mal. C’est ma sœur, enseignante dans un collège bourré d’enfants « étrangers », donc de toutes les couleurs, qui a retrouvé ce poème de Jacques Prévert et l’a affiché sur la porte de la salle des professeurs. Un vraie bonne idée.

Etre ange

Etre ange

c’est étrange

dit l’ange

Etre âne

c’est étrâne

dit l’âne

Cela ne veut rien dire

dit l’ange en haussant les ailes

Pourtant

si étrange veut dire quelque chose

étrâne est plus étrange qu’étrange

dit l’âne

Etrange est

dit l’ange en tapant des pieds

Etranger vous-même

dit l’âne

Et il s’envole

 

Jacques Prévert, Fatras, Ed. Folio

femmes-en-noir-international1Je ne ferai pas de commentaires sur l’horreur de la situation à Gaza. Sur la toile, les analyses, les témoignages, les cris d’indignation se multiplient.  Tout juste suggérerais-je d’aller lire le billet d’Alain, qui cherche à comprendre; et celui de Mona Chollet et Thomas Lemahieu, Construire l’ennemi, parce que c’est un excellent article et que Périphéries est un de mes sites préférés, qui traite de la question palestinienne depuis plusieurs années.

Heureusement, le 5 janvier un message est tombé dans ma boîte à courriels. Je ne peux faire autrement que le relayer  immédiatement.  Au moins ça… Emanant de plusieurs organisations de femmes israéliennes, il a été envoyé le 31 décembre 2008 par les Femmes en Noir à divers réseaux de femmes européennes.

consulat-toronto1Et le 8 janvier, on apprend qu’un groupe de Canadiennes juives occupent le consulat israélien de Toronto, pour protester contre l’attaque israélienne contre la population de Gaza. Selon le communiqué, les protestataires occupent le consulat pour envoyer le message clair que beaucoup de juifs canadiens ne soutiennent pas la violence d’Israël et ses politiques d’apartheid. Ils se joingnent aux peuples de conscience partout dans le  monde, qui demandent la fin de l’agression israélienne et la justice pour le peuple palestinien.

Et toujours le 8 janvier, le CICR, pourtant extrêmement prudent dans ses déclarations, qui tourne 7777 fois sa langue dans sa bouche avant de prononcer ce qui pourrait ressembler à une condamnation politique, lance un appel et publie un communiqué atroce sur ce que l’équipe du CICR et du Croissant-Rouge palestinien ont découvert dans un quartier de maisons touchées par les bombardements israéliens: des blessés, des tout petits enfants enfants trop faibles pour se lever à côté de leurs mères respectives, mortes.  Il demande d’urgence l’accès aux blessés et conclut ce communiqué par ces mots: « Le CICR estime que dans le cas présent, l’armée israélienne n’a pas respecté son obligation de prendre en charge les blessés et de les évacuer, comme le prescrit le droit international humanitaire. Il juge inacceptable le retard avec lequel l’accès a été donné aux services de secours. »

La déclaration des femmes israéliennes:

Nous, organisations de paix de femmes appartenant un large spectre d’opinions politiques, exigeons la fin des bombardements et autres instruments de mort, et appelons au commencement immédiat de délibérations pour parler de paix et ne pas faire la guerre. La danse de morts et des destructions doit finir. Nous exigeons que la guerre ne soit plus une possibilité, ni la violence une stratégie, ni l’assassinat une alternative. La société que nous voulons en est une dans laquelle chaque personne peut mener une vie en sécurité ─ personnelle, économique et sociale.

Il est évident que le prix le plus élevé est payé par les femmes et d’autres de la périphérie ─ géographique, économique, ethnique, sociale et culturelle ─ qui maintenant, comme toujours sont exclues de la vue du public et du discours dominant.
Le temps des femmes c’est maintenant. Nous exigeons que les mots et les actes soient dirigés dans un autre langage. Lire la suite »

saigonCe n’est pas seulement dû à la crise présente ─ elle  pourrait cependant accentuer le phénomène ─ il y a pourtant quelque chose dans l’air : la «motivation», ce must, cette condition sine qua non à toute réussite, notamment professionnelle, traîne les pieds. Les articles sur la souffrance au travail, sur les méfaits du nouveau management dans les entreprises, sur les suicides d’employés soumis à des stress trop importants se multiplient. Parmi les derniers exemples en date, le livre, recensé par 24 heures du 26 décembre dernier, L’Open space m’a tuer, rédigé par deux consultants trentenaires, qui savent de quoi ils parlent. Apparemment ─ je ne l’ai pas lu ─ c’est un livre sur la carbonisation des jeunes cadres «qui en veulent». Et qui ensuite en veulent grave à leur entreprise de leur avoir imposé «une véritable dictature de la positive attitude» et de les avoir soumis à ces nouvelles formes de violence que sont le «diktat de la bonne humeur et de la convivialité, la fausse liberté qu’offre la flexibilité, le supplice du timesheet, la folie de l’évaluation et de l’autoévaluation…» Je ne l’ai pas lu, mais j’en cause. En effet, ce que dénonce L’Open space m’a tuer ressemble diablement à la démonstration de Guillaume Paoli dans son Eloge de la démotivation.

Guillaume Paoli, c’est un des initiateurs des Chômeurs heureux, apparus à Berlin en 1996. C’est aussi un des rédacteurs, avec Nicolas Arraitz, de CQFD, du Manifeste des chômeurs heureux, publié aux Editions du chien rouge. (Le Manifeste est actuellement épuisé, mais il en existe de bons extraits sur la toile.)

Le propos de son petit livre pourrait se résumer sommairement ainsi: la motivation des individus, travailleurs, consommateurs, téléspectateurs, lecteurs, sportifs et autres citoyens ordinaires sous nos latitudes, est une condition essentielle à la perpétuation de World Trade Inc. ─ c’est ainsi que Paoli désigne le capitalisme ─ par conséquent, pour ses adversaires et ses victimes, la démotivation s’impose. Lire la suite »