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Il faut les prendre jeunes, très jeunes si possible. La Migros a compris. Après avoir distribué des cartes de jeux, des billes, la voilà qui remet gracieusement, pour chaque achat parental de 20 francs suisses, des «nanos». Ça ne vous fait penser à rien, le préfixe «nano»?

C’est vachement sympa, les nanos, si l’on en croit le communiqué de presse de la plus grande «coopérative à but social», ce qui fait d’elle, avec ses 2 millions de Suisses coopérateurs membres, «une chaîne de supermarchés possédée par ses consommateurs», comme dit Wikipedia. C’est aussi un «conglomérat d’entreprises suisses actives dans le secteur de la grande distribution» qui domine tout, ou presque, en matière de produits de consommation courants. Personne n’échappe à la Migros. On y trouve de tout, de la serpillière à l’ampoule basse consommation, en passant par la culture, la banque, les voyages. les asperges du Pérou, les soutiens-gorge «éco» fabriqués en Chine, les ordinateurs et les huiles de bagnole. Il y a des succursales dans chaque quartier, elle a même un site de vente en ligne, tout le monde achète à la Migros, de bonne grâce ou contraint et forcé. Seuls ceux qui produisent pour la Migros font la grimace, mais c’est une autre histoire. Lire la suite »

dechetteriesCes jours, les Lausannois ont reçu leur Calendrier des ramassages des déchets ménagers 2009, un opuscule très détaillé édité par le Service d’assainissement de la Ville de Lausanne et imprimé sur papier recyclé, comme il se doit.

L’objet de ce billet n’est cependant pas de faire la publicité ─ même si c’est très bien ─ des 21 déchetteries mobiles qui permettront, plusieurs fois par an, aux habitants des quartiers de jeter les objets ne trouvant pas place dans les conteneurs ordinaires.

Non, ce qui me pousse à m’emparer du clavier, c’est le petit éditorial introductif de ce calendrier, signé par Olivier Français, Directeur des travaux à la Municipalité de Lausanne, le «ministre des déchets», en quelque sorte. Rédigé dans le style inimitable du conseiller municipal, ce petit texte est une leçon de libéralisme. Néo, le libéralisme, évidemment.

Même quand il semble s’occuper de «protection de l’environnement», ou du moins de recyclage des déchets, M. Français fait dans la propagande politique pour son Eglise à lui. L’analyse fut longue et délicate, elle a exigé une bonne tête, comme chaque fois qu’il faut débusquer les fausses évidences, et un appui (léger) sur des maîtres comme Jacques Ellul* ou Michel Foucault**. En effet, nous baignons tellement dans l’idéologie libérale que nous ne remarquons plus les énormités proférées. Il faut vraiment que ça pue bien fort une nouvelle odeur pour prendre conscience des miasmes ambiants. Là, ça ne pue pas plus que d’hab, c’est juste l’ordinaire, d’où la difficulté. Et sans doute, Olivier Français ignore-t-il lui-même qu’il produit de la pensée néolibérale à jet continu. Lire la suite »