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«Employabilité»: voilà un mot au cœur de la révision de la Loi sur l’assurance chômage. Un mot que nous devrons critiquer vigoureusement au cours de la campagne référendaire, afin de la renvoyer à leurs auteurs le 26 septembre prochain. Car être employable, au sens de cette loi, c’est accepter sans protester de se faire exploiter.

Apparu probablement dans les années 1980, en même temps que d’autres mots épouvantables du management néolibéral, comme «profitabilité», «efficience», «finaliser», «valider», «équité», «droizédevoir», l’employabilité désigne «les capacités d’une personne à se maintenir dans un emploi ou à en trouver un». D’abord réservé à certaines catégories de la population, en particulier les personnes handicapées physiques et mentales ou les chômeurs de longue durée, le mot s’est imposé au fur et à mesure que les assauts des classes dominantes et des gouvernements pour généraliser la flexibilité du «marché du travail» gagnaient du terrain. Désormais, il nous concerne tous. A chacun et chacune de prouver qu’il est «employable». Et donc, peut-être, «inemployable», autrement dit inutile, un déchet même pas recyclable, à jeter. Lire la suite »

saigonCe n’est pas seulement dû à la crise présente ─ elle  pourrait cependant accentuer le phénomène ─ il y a pourtant quelque chose dans l’air : la «motivation», ce must, cette condition sine qua non à toute réussite, notamment professionnelle, traîne les pieds. Les articles sur la souffrance au travail, sur les méfaits du nouveau management dans les entreprises, sur les suicides d’employés soumis à des stress trop importants se multiplient. Parmi les derniers exemples en date, le livre, recensé par 24 heures du 26 décembre dernier, L’Open space m’a tuer, rédigé par deux consultants trentenaires, qui savent de quoi ils parlent. Apparemment ─ je ne l’ai pas lu ─ c’est un livre sur la carbonisation des jeunes cadres «qui en veulent». Et qui ensuite en veulent grave à leur entreprise de leur avoir imposé «une véritable dictature de la positive attitude» et de les avoir soumis à ces nouvelles formes de violence que sont le «diktat de la bonne humeur et de la convivialité, la fausse liberté qu’offre la flexibilité, le supplice du timesheet, la folie de l’évaluation et de l’autoévaluation…» Je ne l’ai pas lu, mais j’en cause. En effet, ce que dénonce L’Open space m’a tuer ressemble diablement à la démonstration de Guillaume Paoli dans son Eloge de la démotivation.

Guillaume Paoli, c’est un des initiateurs des Chômeurs heureux, apparus à Berlin en 1996. C’est aussi un des rédacteurs, avec Nicolas Arraitz, de CQFD, du Manifeste des chômeurs heureux, publié aux Editions du chien rouge. (Le Manifeste est actuellement épuisé, mais il en existe de bons extraits sur la toile.)

Le propos de son petit livre pourrait se résumer sommairement ainsi: la motivation des individus, travailleurs, consommateurs, téléspectateurs, lecteurs, sportifs et autres citoyens ordinaires sous nos latitudes, est une condition essentielle à la perpétuation de World Trade Inc. ─ c’est ainsi que Paoli désigne le capitalisme ─ par conséquent, pour ses adversaires et ses victimes, la démotivation s’impose. Lire la suite »