You are currently browsing the tag archive for the ‘capitalisme’ tag.

lindingre-31Ouille, ouille, ouille, ça craint! Tous aux abris! Et si la crise économique poussait les patrons à se désintéresser du fonctionnement de l’entreprise au quotidien? Et que faut-il faire si une entreprise est menacée par la faillite, une fusion, une restructuration? Et si la fraude en entreprise augmentait? Les pires fraudeurs, c’est qui? Les cadres? Les patrons eux-mêmes? Les entreprises doivent-elles organiser un service officiel de délation par téléphone ou en ligne? A votre avis?

C’est en gros ce que veut savoir un sondage tombé dans ma boîte à courriels. A en juger par les questions, les commanditaires du sondage ont l’impression très nette que «le char de l’entreprise navigue sur un volcan», comme aurait dit Monsieur Prudhomme.

Depuis quelques mois, je fais partie d’un panel de sondés en ligne pour l’Institut Link. D’habitude je dois répondre à des questions sur les shampoings que je connais, les cigarettes que je fume ou les spiritueux que je bois. Le dernier en date, menaces de crise aidant, le sondage porte sur «l’impact et les conséquences» que «l’environnement actuel des affaires» – délicieux euphémisme – pourraient avoir sur mon entreprise. Lire le reste de cette entrée »

saigonCe n’est pas seulement dû à la crise présente ─ elle  pourrait cependant accentuer le phénomène ─ il y a pourtant quelque chose dans l’air : la «motivation», ce must, cette condition sine qua non à toute réussite, notamment professionnelle, traîne les pieds. Les articles sur la souffrance au travail, sur les méfaits du nouveau management dans les entreprises, sur les suicides d’employés soumis à des stress trop importants se multiplient. Parmi les derniers exemples en date, le livre, recensé par 24 heures du 26 décembre dernier, L’Open space m’a tuer, rédigé par deux consultants trentenaires, qui savent de quoi ils parlent. Apparemment ─ je ne l’ai pas lu ─ c’est un livre sur la carbonisation des jeunes cadres «qui en veulent». Et qui ensuite en veulent grave à leur entreprise de leur avoir imposé «une véritable dictature de la positive attitude» et de les avoir soumis à ces nouvelles formes de violence que sont le «diktat de la bonne humeur et de la convivialité, la fausse liberté qu’offre la flexibilité, le supplice du timesheet, la folie de l’évaluation et de l’autoévaluation…» Je ne l’ai pas lu, mais j’en cause. En effet, ce que dénonce L’Open space m’a tuer ressemble diablement à la démonstration de Guillaume Paoli dans son Eloge de la démotivation.

Guillaume Paoli, c’est un des initiateurs des Chômeurs heureux, apparus à Berlin en 1996. C’est aussi un des rédacteurs, avec Nicolas Arraitz, de CQFD, du Manifeste des chômeurs heureux, publié aux Editions du chien rouge. (Le Manifeste est actuellement épuisé, mais il en existe de bons extraits sur la toile.)

Le propos de son petit livre pourrait se résumer sommairement ainsi: la motivation des individus, travailleurs, consommateurs, téléspectateurs, lecteurs, sportifs et autres citoyens ordinaires sous nos latitudes, est une condition essentielle à la perpétuation de World Trade Inc. ─ c’est ainsi que Paoli désigne le capitalisme ─ par conséquent, pour ses adversaires et ses victimes, la démotivation s’impose. Lire le reste de cette entrée »