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En Allemagne, la guerre au terrorisme a fait une nouvelle victime. Et peut-être même deux, voire trois. Un professeur de science politique et militant altermondialiste et un juge. Le premier a été jugé pour avoir appelé à braquer une banque avec des pistolets en chocolat. L’autre n’a pas craint le ridicule en le condamnant sévèrement. Quant au droit de manifester, il a pris un nouveau vol de plomb dans l’aile.

La guerre sans fin contre le terrorisme et la subversion rend fou, à première vue. En réalité, partout hélas, et même à Lindau, petite ville de Bavière au bord du lac de Constance, cette guerre permet de limiter, voire d’annuler, le droit de manifester publiquement et collectivement des critiques au gouvernement. C’est le quotidien junge Welt qui rapporte sobrement l’affaire.

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Comme annoncé dans mon A propos, je publierai sur ce blogue, au gré de mes humeurs, quelques papiers parus sur Combats. En voici un, dans la catégorie «Les mots sont importants», pour reprendre le titre d’un excellent site.

Un mot a surgi, il y a quelques années, qui s’est imposé dans notre quotidien: «milliard». Au pluriel, de préférence. Un milliard, c’est mille millions. En chiffres: 1’000’000’000. Comment se représenter cette quantité?

Pendant des siècles, l’humanité a ignoré ce nombre, proprement inconcevable. Les «myriades» des Grecs anciens ne valaient que 10’000 et désignaient pour eux ─ et encore pour nous ─ une «quantité indéfinie et innombrable». Les suffixes «giga» (qui multiplient par un milliard) et «téra» (par mille milliards) ajoutés aux octets et aux wattheures ne sont pas des nombres, mais des analogies. Giga vient des gigantes (géants) qui ont échoué à déloger Zeus de son Olympe et les téras sont tout simplement des monstres. Quant aux «kyrielles», elles désignent une «longue suite de choses qui ne finissent pas», comme une litanie de Kyrie eleison à la messe.

Les nuits de Shéhérazade n’étaient que mille-et-une et il a suffi à Don Giovanni d’avoir eu mille e tre maîtresses pour forger sa réputation. Et même si le capitaine Haddock jurait par «mille milliards de mille sabords!», ouvriers et employés se contentaient d’un modeste «Je ne suis pas millionnaire!» devant une demande financière jugée trop élevée.
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