Une pub à la radio française fait soudain dresser l’oreille. Pour vanter ses systèmes de sécurité, une banque interroge ses clients potentiels: savent-ils tout ce que les cambrioleurs l’ont amenée à découvrir pour mieux les protéger? Et les publicitaires, savent-ils qu’ils reprennent là une théorie de Karl Marx?

La citation est de mémoire, le café matinal n’avait pas encore produit tous ses effets. Pourtant, c’est sûr: une banque française retrouvait ─ spontanément, probablement ─ une théorie très amusante de Karl Marx sur la contribution des criminels au fonctionnement de la société, au développement de l’intelligence et à l’enrichissement de ceux qui le combattent. A propos des «bénéfices secondaires du crime», il a écrit, au détour  du quatrième livre de son grand œuvre, Le Capital, un chapitre tout à fait amusant, que je ne résiste pas à reproduire, dans une version légèrement raccourcie et  soulignant en gras les passages les plus croquignolets, afin de ne pas lasser le lecteur. Ce passage de Marx (tiré des «Théories sur la plus-value» dans le Capital livre IV) est assez connu, il a d’ailleurs a été diffusé tout récemment sur son site par la Fondation Copernic.  Lisez, cela en vaut la peine et c’est une occasion de vérifier que le petit père Marx n’est pas toujours aussi compliqué, ni surtout aussi dépassé que ses détracteurs le disent!

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200px-Digicode_argenté_ParisÇa y est, ils y sont arrivés ! Dix ans, ou presque, que ça leur aura pris, aux beaufs successifs qui prétendent (mal) gérer l’immeuble dans lequel je loue un appartement depuis 1994 ! Et aujourd’hui, branle-bas de combat : sans information, sans sommation, deux électriciens ont fait hurler leur perceuse et tiré des fils pour que nous soyons, enfin, en sécurité. Six heures plus tard, le digicode est installé, chaque habitant (ou propriétaire d’appartement) a son machin pour ouvrir la porte à distance à ses visiteurs. Choisis, les visiteurs, hein, car il ne faudrait pas que n’importe quel gueux puisse entrer à la « résidence Bellecour » (ça ne s’invente pas)! En outre, il ou elle ne peut regagner son domicile par derrière que s’il a une clé sécurisée, et par devant seulement s’il a mémorisé le code ou a sa clé en poche. Evidemment, s’il est distrait en descendant la poubelle…

L’idéologie sécuritaire, diffusée à jet continu par les partis politiques de droite, la presse-qui-ment-et-ne réfléchit-pas, la pseudo-gauche (suivez mon regard) et, malheureusement, aussi par les classes populaires  rendues hagardes par l’incessant ressassement des dangers qui menacent les riches, a gagné. L’assemblée des copropriétaires a voté en faveur de la fermeture sécurisée de la porte d’entrée de l’immeuble et de la réfection de la cage d’escalier. Lire le reste de cette entrée »

soldat israélienLe site Loubnan ya Loubnan, où un Français parle du Liban et de son amour pour ce pays, publie un article stupéfiant: «L’invraisemblable obsession scatologique du soldat israélien». Ou il expose de manière documentée comment, en plus de tuer, détruire, voler, torturer, l’armée israélienne laisse systématiquement le produit de ses défécations chez ses «ennemis». Une manière sans équivoque de leur dire: «En plus de vous vaincre, on vous emmerde, parce que vous nous faites vraiment chier». Le stade de développement psychique que cela révèle a été très complètement documenté au début du XXe siècle par le bon Docteur Freud et son collègue Karl Abraham.

L’«armée la plus morale du monde» pratique là, en effet, un étrange «art de la guerre». Cet aspect pestilentiel des choses a été très peu diffusé en français, et à peine un peu plus en anglais. Mais le crime de lèse-majesté du drapeau français, commis tout dernièrement par les soldats israéliens à Naplouse, en Cisjordanie, commence à faire changer les choses, semble-t-il.

Même si cette manie a un caractère dérisoire (et quelle dérision, en effet…), comparée aux exactions mortelles commises par l’armée israélienne, il faut que ça se sache. Je tente d’y contribuer, avec mes maigres forces et je diffuse donc à mon tour le billet de Loubnan ya Loubnan.

De temps en temps, poussée par l’indignation, je publie un bref billet sur la guerre menée par Israël contre les Palestiniens. Voici donc quelques sujets, un peu voisins repêchés dans les bas-fonds de ce blogue:

Que les survivants aillent à pied!

L’école et les mitraillettes

Qui a dit que «le terrorisme fait partie de la guerre politique»?

Illustration: Soldat israélien de retour de la deuxième guerre du Liban, publiée sous domaine public

Bandeau_portail_les-femmesÇa m’énerve, cette histoire de burqa qui vient à point, en France, pour divertir le bon peuple rendu hagard par les incessantes cruautés inventées par son omniprésident. En plus, évidemment, cela donne de nouveau l’occasion à certains de dire n’importe quoi. Non tant sur l’oppression des femmes, mais sur «l’incapacité civilisationnelle» des autres, les «pas comme nous»…

Commençons par quelques précautions oratoires : je suis féministe depuis que je me connais, militante (à gauche, cela va sans dire, mais je le dis) depuis à peu près aussi longtemps. Je hais les machistes, les mâles autoritaires qui savent mieux que les femmes ce qui est bon pour elles. Mais je hais tout autant les faux-culs qui utilisent le féminisme pour distiller des discours hostiles ─ et commettre des actes du même tonneau, tant qu’à faire ─ contre tous ceux qui ne sont pas de bons Occidentaux mâles, blancs, bourgeois, hétéros. Lire le reste de cette entrée »

permessobig1giu2009Qui s’intéresse encore à la Journée mondiale des réfugiés?  C’est typiquement le genre de journée alibi, comme la Journée des femmes, la Journée des handicapés, la Journée du cheval, etc, dont tout le monde se fiche, simple prétexte à des discours de circonstance. Depuis 2001, année de son invention, la situation n’a fait qu’empirer: les «personnes déplacées», comme on disait dans les années cinquante, sont de plus en plus nombreuses. Selon le rapport Global trends diffusé par le Haut commissariat aux réfugiés, 42 millions de personnes ont été contraintes par les guerres et les persécutions de fuir leur pays en 2008. Les pays riches édictent des lois de plus en plus cruelles et inhumaines pour les empêcher d’entrer, ou les laisser carrément crever de faim lorsque l’appareil administratif et juridique leur a décerné une non-entrée en matière, faisant d’eux ce que la Suisse appelle élégamment des NEM.

Les citoyens desdits pays «forteresse» affichent leur indifférence.  La journée passe donc largement inaperçue, seules les églises et les associations de défense des réfugiés lancent quelques actions. Ainsi, à Vevey, les Eglises protestantes organisent des «Cercles de silence». Lire le reste de cette entrée »

Flint2764Les écologistes en rêvent: arracher l’asphalte des parkings, supprimer les routes inutiles, meurtrières et polluantes, jeter bas les bâtiments de béton, raser les horribles zones industrielles et commerciales à l’orée des villes… Et rendre, enfin, ses droits à la nature, laisser pousser les arbres et respirer la terre. Et, ce faisant, faire enfin reculer l’étouffante laideur dans laquelle nous condamnent à vivre ceux qui ne jurent que par la «croissance».

Le prix humain et social en est élevé, mais la crise de l’automobile aux Etats-Unis permet aux écologistes de réaliser leurs rêves les plus fous.

Selon The Telegraph du 12 juin dernier, repris par le site Contre Info, Flint, la ville du Michigan (USA) berceau de General Motors, la ville du Roger and Me de Michael Moore, a décidé de raser des quartiers entiers pour les rendre à la nature. Déjà aujourd’hui, des rues de la ville traversent des prés et des petits bois, sans plus aucune trace des maisons individuelles qui les bordaient. Lire le reste de cette entrée »

180px-Klassischer-FlegelPas de surprise: le 4 juin dernier, après le Conseil fédéral et le Conseil national, le Conseil des Etats a recommandé au bon peuple suisse de rejeter l’initiative populaire du Groupe pour une Suisse sans armée (GSsA) visant à interdire l’exportation de matériel de guerre. Nous irons donc voter selon notre conscience et, je l’espère, contre les directives gouvernementales.

Pour rappel: aujourd’hui, la Suisse vit sous le régime de la Loi sur le matériel de guerre, autorisant l’exportation de ce matériel si cela ne contrevient pas au droit international. La Suisse a évidemment signé et ratifié un certain nombre de conventions internationales sur la question, mais ne les respecte pas toutes.

Selon les journaux, le dilemme auquel devaient répondre les sénateurs et autres «responsables politiques» était le suivant: soit continuer à vendre des armes et d’autres produits de haute technologie pour permettre aux ouvriers, ingénieurs, informaticiens, directeurs, et autres personnes qualifiées de garder leur postes dans les entreprises concernées (et aux actionnaires de préserver leurs dividendes, mais bizarrement cet argument n’a pas été évoqué). Ce choix a un prix (tout petit), évidemment: contribuer ─ indirectement, la Suisse est neutre ─ à ce qu’un certain nombre (un nombre certain) de gens, surtout des civils, soient hachés en petits morceaux sanglants sous leurs maisons détruites  (liste non exhaustive). Ici ou là, mais surtout là-bas. Soit, autre terme de l’alternative, renoncer à ce commerce et risquer de mettre plus de 5000 personnes au chômage. Totalement inconcevable. Lire le reste de cette entrée »

Riponne LausanneL’espoir fou placé dans les pouvoirs des découvertes techniques pour créer un monde meilleur a la vie dure! Grâce à la science, un jour, les poules auront des dents. Et les véhicules automobiles individuels seront comme des fleurs, ils rouleront sans émettre la moindre molécule empoisonnée.

Ainsi, l’autre soir, le Conseil communal de Lausanne débattait de la prolongation, jusqu’en 2059, d’un droit de superficie au bénéfice de la société exploitante d’un parking souterrain au centre de la ville. Rapidement, le débat tourna autour de la question : «Qu’allons-nous laisser à nos enfants et petite enfants dans 50 ans?» Une place hideuse, et encore plus de pollution atmosphérique et urbanistique, si nous continuons à laisser la Riponne aux bagnoles, affirmaient les uns. Tandis que les autres soutenaient l’urgence de maintenir, voire de développer le commerce en ville, ce qui nécessite de laisser les voitures accéder au centre.

Pour combattre les utopistes écolos, qui envisageaient sans frémir la disparition de la voiture, une conseillère active au sein de l’Association des commerçants, poussa un cri, dont on entendit bien qu’il lui venait du cœur. En substance : ayons confiance! D’ici que nos petits enfants soient adultes, la science aura progressé et permettra de construire des voitures non polluantes! En résumé, expliquait-elle, grâce à la science, tout va changer… pour que rien ne change et que tout continue comme devant. En mieux. Lire le reste de cette entrée »

800px-winslow_homer_-_croquet_players«Oui, mais toi, tu es contre le sport.» Cet ami m’a lancé cette petite phrase ─ que j’entends assez souvent ─ lors d’une discussion sur une manifestation sportivo-publicitaire organisée récemment dans la vieille ville de Lausanne. Nous étions d’accord pour trouver déplorable la décision de la Municipalité d’autoriser ce marchand de limonade à construire une piste de glace, ainsi que ses arguments («C’est du sport, et ça plaît aux jeunes»). Mon ami ne m’a pas dit que mon opposition à l’exhibition ─ qui, parait-il, a rassemblé 40’000 personnes dans la liesse ─ avait moins de valeur parce que je suis «contre le sport». Mais peut-être n’en pensait-il pas moins?

Toujours est-il que sa remarque m’a plongée dans des abîmes: suis-je contre le sport? Je ne crois pas. Mais, je le confesse, le sport ne tient aucune place dans ma vie ni dans mon espace mental, et cela depuis ma prime jeunesse. J’ai beaucoup aimé nager, faire de la gymnastique, des courses en (petite) montagne, partir en randonnée de plusieurs jours, sac au dos, à pied ou à vélo. Aujourd’hui, sexagénaire, je me contente de passer la débroussailleuse, bêcher, sarcler, désherber, me balader avec mes chiens. C’est une activité physique, pas du sport.

Le sport ne m’intéresse pas. Je suis incapable de citer les tournois qui se déroulent pourtant dans ma ville. Je ne mémorise pas les noms des champions de quelque sport que ce soit, même quand ils viennent faire les guignols sur le plateau d’un talk show télévisé. Je zappe dès que trois images de match de foot passent sur mon écran TV. Je n’accorde pas un regard aux pages sportives des journaux. Je ne repère la tenue d’Athlétissima que parce que la manifestation se clôt par un superbe feu d’artifice, qui jette ma chienne, terrifiée, dans le mince espace entre la baignoire et la cuvette des toilettes. N’ayant pas eu d’enfants, je n’ai pas tenu le rôle de supporter inconditionnel au bord d’un stade où ma progéniture tapait dans un ballon.

Peut-on déduire avec certitude de cette indifférence épaisse que je suis contre le sport? Lire le reste de cette entrée »

hotel-de-ville-heilbronnLe Bureau vaudois de l’égalité entre les femmes et les hommes organise tout prochainement à Lausanne une conférence sur l’existence des garderies sous le titre «Quand le travail coûte plus qu’il ne rapporte. Impact de la fiscalité et des frais de crèche sur l’activité professionnelle des femmes». C’est le thème de la recherche effectuée par une professeure de l’université de St-Gall, Monika Bütler. Celle-ci a établi que pour les femmes mariées et mères de deux enfants, notamment, les frais de garde cumulés aux impôts coûtent trop cher. Ces femmes n’ont donc aucun intérêt (financier) à travailler plus de trois jours par semaine.

Ce sont sans doute des raisons similaires qui ont conduit la ville de Heilbronn, ville du sud de l’Allemagne, au bord du Neckar, à offrir aux familles qui l’habitent la gratuité totale des garderies. C’est le quotidien junge Welt qui le raconte dans son édition du 2 mars dernier, sous le titre en forme de clin d’oeil de «Presque comme sous le socialisme». (junge Welt est un ancien journal est-allemand, qui survit sous le régime capitaliste sauvage grâce à son rachat par diverses associations et syndicats.) Lire le reste de cette entrée »