Flint2764Les écologistes en rêvent: arracher l’asphalte des parkings, supprimer les routes inutiles, meurtrières et polluantes, jeter bas les bâtiments de béton, raser les horribles zones industrielles et commerciales à l’orée des villes… Et rendre, enfin, ses droits à la nature, laisser pousser les arbres et respirer la terre. Et, ce faisant, faire enfin reculer l’étouffante laideur dans laquelle nous condamnent à vivre ceux qui ne jurent que par la «croissance».

Le prix humain et social en est élevé, mais la crise de l’automobile aux Etats-Unis permet aux écologistes de réaliser leurs rêves les plus fous.

Selon The Telegraph du 12 juin dernier, repris par le site Contre Info, Flint, la ville du Michigan (USA) berceau de General Motors, la ville du Roger and Me de Michael Moore, a décidé de raser des quartiers entiers pour les rendre à la nature. Déjà aujourd’hui, des rues de la ville traversent des prés et des petits bois, sans plus aucune trace des maisons individuelles qui les bordaient.

En effet, la General Motors, qui a employé un temps près de 80’000 habitants dans ses usines de Flint, n’en occupe aujourd’hui plus que 8000. Le taux de chômage dans la ville atteint 20% et sa population n’est plus que de 110’000 habitants, soit la moitié de ce qu’elle fut. Les gens ont été chassés de leurs maisons, qu’ils ne pouvaient plus payer. Les jeunes s’en sont allés. Des quartiers entiers ─ comme beaucoup de villes américaines, Flint était constituée d’innombrables villas «sam’suffit» disséminées sur une surface immense ─ sont abandonnés.

Selon le journaliste, les autorités locales estiment que pour éviter la faillite totale, la ville devrait réduire sa taille de plus de 40%, regrouper les habitants et les services publics. Une loi leur permettant d’acheter les immeubles vides à bas prix, elles en ont déjà fait démolir plus de 1000 et prévoient d’en abattre encore 3000. L’auteur de cette méthode, un certain M. Dan Kildee, trésorier du «comté» dont fait partie Flint, en a déjà causé à Barack Obama, qui a trouvé l’idée bonne. Aujourd’hui, l’Administration états-unienne étudie la possibilité d’appliquer cette méthode de «réduction urbaine» à d’autres villes industrielles touchées par la crise: Detroit, Philadelphie, Pittsburgh, Baltimore, Memphis…

La situation matérielle et morale de très nombreux habitants de Flint doit être terrible: sans logis, sans travail, ils sont en plus, grâce aux ravages introduits par le«démocrate» Clinton et de l’affreux Doubleyou, quasi  sans indemnités de chômage, sans aide sociale ou presque, sans assurance maladie.

Mais qui l’aurait cru il y a seulement quelques mois? Les autorités municipales semblent avoir compris l’importance des services publics. Pour redresser la ville, elles veulent maintenant se spécialiser dans des activités non délocalisables: l’éducation et la santé…

C’est bien, mais cela ne vient qu’après un épouvantable gâchis… Pourtant, si la crise profonde qui les atteint fait (re)découvrir aux Américains l’utilité des services publics, de la solidarité et de la nécessaire justice sociale… Et si, en plus, elle contribue à nous débarrasser d’une bonne dose de bagnoles… Qui s’en plaindra?

Illustration: photo reprise sans autorisation spéciale, mais sans intention commerciale et en avouant mon forfait, sur ContreInfo.

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