Aline Testuz blogue

février 11, 2008

De la moule verte à Omnicom Group Holding

C’est mon nouveau truc pour transformer en quelque chose de positif le harcèlement incessant des sociétés de télé-marketing: je cherche qui m’appelle, pour de vrai. Et je trouve des trucs tout à fait croquignolets. C’est un peu long, mais le résultat en vaut la peine! Jugez plutôt.

Avant, je faisais comme beaucoup de monde: je voyais les démarcheuses téléphoniques arriver avec leurs grands pieds pour me fourguer des alicaments ou des produits miracles contre les acariens, et je disais très vite que ça ne m’intéressait pas, avant de raccrocher. A la limite de la grossièreté. Ensuite, j’ai monté les enchères et fait dans la provocation, racontant que je fumais, buvais, mangeais du foie gras, haïssais la culture physique et adorais la vie malsaine (ce qui est vrai). Ajoutant que je ne tuais jamais une araignée (ce qui est vrai aussi). Désarçonnées - ou excédées - les dames raccrochaient parfois d’elles-mêmes. (Lire la suite&hellip ;)

février 6, 2008

Le temps des maîtres

Classé dans : Vie moderne — alinetestuz @ 9:55
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Il y a deux ou trois semaines, un article du Temps s’émouvait (1): les jeunes portent de moins en moins de montres au poignet. Plus de deux tiers des adolescents états-uniens regardent l’heure sur leur téléphone portable. Est-ce inquiétant pour l’horlogerie suisse, docteur?

Si mes souvenirs sont bons, l’article concluait que non: la pression sociale impose la montre, donc pas de souci, il n’y a rien à craindre de la concurrence des portables. Et la gazette des «classes moyennes» - comme ils disent - de convoquer quelques experts pour confirmer cette analyse. Le patron d’une fabrique de montres de luxe, l’inévitable fils Hayek (le marchand de montres, pas le théoricien autrichien du libéralisme pur, qui d’ailleurs se prénommait Friedrich et avait une particule devant son patronyme), et le conservateur du Musée d’ethnographie de Neuchâtel. Tous diagnostiquent que les tocantes se portent comme le Pont Neuf. Tant mieux. (Lire la suite&hellip ;)

février 1, 2008

La liberté du commerce rend fou

L’appartement que je loue est mis en vente. Mon propriétaire, une régie immobilière de Genève qui a déjà défrayé la chronique pour des pratiques bizarres au bout du lac (du moins je suppose que c’est elle, la propriétaire) a acheté l’immeuble où j’habite depuis bientôt quinze ans. C’est une maison charmante construite au tout début du XXe siècle, un peu délabrée, mais pleine de prestance et de charme. Le but du propriétaire est évidemment d’en faire ce qu’on appelle élégamment «un immeuble de rapport» et d’en tirer le maximum de fric possible. C’est autorisé, c’est même encouragé par les valeurs dominantes, pourquoi se gêner? (Lire la suite&hellip ;)

janvier 31, 2008

Ils copient sur leur voisin

Classé dans : Vie moderne — alinetestuz @ 10:41
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Je viens de trouver ce billet sur le blogue “Crise dans les médias“, que je m’empresse de reprendre.

Le blog, source d’inspiration pour les journalistes: 75% des journalistes utilisent les blogs pour trouver des idées de sujets, selon une étude réalisée récemment aux Etats-Unis (en anglais). En revanche, ils commentent rarement les blogs. Cette étude est sans doute transposable à la France. De plus, environ 30% des journalistes tiennent eux-même un blog.

Les journalistes consultent des blogs pour trouver des idées, des angles, des points de vue originaux. 75% reconnaissent que les blogs leur fournissent des idées de reportage ou des idées d’angle pour traiter un sujet, 70% des journalistes lisent régulièrement une liste de blogs, 21% passent plus d’une heure à lire des blogs. 57% en lisent 2 à 3 fois par semaine.

Les journalistes sont aussi sur les réseaux sociaux. 16% ont leur propre page sur un réseau social 48% lisent des blogs mais se ne commentent presque jamais.

Et, pendant qu’on y est, voici une citation tirée de Black List, recueil de témoignages de journalistes américains, rassemblés par Kristina Borjesson (1). Le journaliste qui parle s’appelle Philip Weiss: “J’ai vu la culture journalistique muter en profondeur. Les salles de rédaction se sont mises à ressembler de plus en plus aux bureaux d’une compagnie d’assurances (…) Lorsque j’ai commencé ma carrière, les journalistes ne ressentaient aucune affinité pour un avocat ou un politique. Ils s’identifiaient à la classe moyenne. Aux subalternes. la défiance envers l’autorité était considérée, chez eux, comme une qualité. Aujourd’hui, l’ensemble de la profession condamne cette approche, qu’elle juge inconvenante… et risquée.”

Que ceux qui aiment les histoires, les mystères, le dessous des cartes, lisent ce livre. Ce n’est pas parce qu’il n’est pas tout récent qu’il ne vaut rien, au contraire. D’ailleurs, un de ses chapitres est une introduction savoureuse à la “sabord’édition”. Ou comment l’édition édite des livres tout en les censurant.

(1) Kristina Borjesson, Black List, Quinze grands journalistes américains brisent la loi du silence, Ed. Les Arènes, Paris, 2003.

janvier 30, 2008

“Vente à la perruque” au Beau-Rivage Palace

Il y a une semaine, grâce à l’ami d’un ami, j’ai eu l’occasion de pratiquer l’observation participante (comme disent les ethnologues) lors d’une manifestation commerciale ressemblant diablement à une arnaque : la présentation de sa collection 2008 de porcelaine de Limoges par la société « Les Marquises de France », au Beau-Rivage Palace de Lausanne. Quelques recherches sur Internet et dans les textes de loi suisses m’ont convaincue que le procédé est connu. En France, il s’appelle joliment “vente à la perruque”, car le prix des articles est caché (comme le crâne nu du chauve). Du coup, j’ai pris contact avec le bureau spécialisé dans le fair business du Département fédéral de l’économie (seco), qui va s’informer plus amplement sur les pratiques de ces vendeurs d’assiettes très entreprenants. Et qui n’hésitent pas, pour attirer l’amateur, à s’installer pour une matinée dans un palace luxueux. (Lire la suite&hellip ;)

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