Enfin quelqu’un l’a fait ! Des citoyens allemands curieux et méthodiques ont comparé, emballages, ingrédients et appareil photo en main, l’écart entre la pub pour les plats de cuisine industrielle et la réalité. Edifiant, mieux que tous les commentaires sur la malbouffe, les incitations à la diététique, les discours moraux sur les entreprises à l’origine de Super Size Me, les démontages méthodiques du commerce à l’ère néolibérale.
Il faut avoir l’estomac solide ! Pas pour en manger, on n’oserait pas, mais rien que de regarder, on a l’estomac au bord des lèvres. Courez-y, si vous ne l’avez pas encore vu, c’est sur le site de pundo 3000, mais vous pouvez aussi l’atteindre en allant sur rezo.net – ce qui vous donnera, en plus, l’occasion de lire un tas d’autres articles intéressants.
Ce démontage jouissif (sinon appétissant) est sur un site allemand, mais il n’est pas nécessaire de connaître cette langue pour comprendre l’immense escroquerie que représentent les plats pré-cuisinés pour travailleur solitaire, étudiant fauché (encore que c’est très cher, de se nourrir comme ça), veuf âgé n’ayant jamais appris à cuisiner et même mère de famille débordée.
Sans qu’ils ajoutent un mot, à regarder les photos de ces tambouilles infâmes, on se prend à penser à la crise alimentaire qui frappe des millions de personnes sur la terre, à cause notamment de l’aberration de l’agriculture industrielle organisée par l’OMC, de la spéculation sur les denrées alimentaires de base et sur le pétrole, de la monoculture vouée à l’exportation, des dindes élevées en batterie (il y a quelques plats de dinde précuisinés parmi les photos, mmmmh…). Bref, toute cette horreur qui nous est présentée comme la modernité incontournable et qu’il faudrait encore renforcer pour que tout aille mieux. Il suffirait de faire encore un petit peu plus de la même chose…
Mais heureusement, grâce à l’heureuse initiative sur le site pundo 3000, tous ceux qui douteraient encore vont se convaincre qu’il est urgent de se mettre au slow food, beaucoup plus sage de faire la cuisine chez soi, si possible avec des produits cultivés localement, payés le juste prix aux producteurs. Des produits qu’on peut trouver si on est adhérent aux Jardins du Flon, par exemple. Ou à l’une des nombreuses coopératives et associations qui, en Suisse, en Allemagne, en France (les AMAP, associations pour le maintien d’une agriculture paysanne), et ailleurs, développent des projets d’agriculture contractuelle de proximité.
Bon appétit!
P.S. ajouté à 15h:
Le Courrier consacre aujourd’hui 17 avril deux pages aux luttes paysannes contre l’agriculture mondialisée, dénonçant le fait que « les pays les plus touchés par la crise sont ceux qui ont dû sacrifier leur agriculture sur l’autel du libre échange ». Le journal renvoie au site du syndicat uniterre, et à son dossier sur l’agriculture contractuelle de proximité.
Et encore, si vous ne l’avez pas encore fait, signez la pétition Ras la fraise! pour faire pression sur la grande distribution afin qu’elle cesse d’importer des fruits et des légumes hors de saison.

5 comments
Comments feed for this article
29 avril 2008 à 10:55
Tietie007
Bonne journée.
7 mai 2008 à 18:51
Vanille
Alors Aline…! On prend sa retraite comme le colonel Buendia?????
7 mai 2008 à 21:12
alinetestuz
Merci de me remettre à l’ordre! Je ne prends pas ma retraite, c’est précisément tout le contraire: je travaille trop pour des motifs alimentaires. Mais les idées de billet me démangent. Ce soir, ma soeur m’en a suggéré un. Dès que j’ai un moment, je m’y mets…
8 mai 2008 à 08:21
Vanille
Fais gaffe, on va te prendre au mot!! Au mot ou au billet….Awr!Suis-je bonne! Je m’étonne moi-même!
Bref, on t’attend.
5 juin 2008 à 15:11
Vanille
Puisque nous sommes entre gastronomes…Nous gardons tous-tes en bouche les joies du défunt poulet aux hormones. Réjouissez vous, la suite est à la hauteur, c’est le poulet l’eau de javel.
Si, si…vous avez bien lu.
Aux Etats-Unis la volaille entassée en batterie, une fois morte et plumée, est trempée dans l’eau de javel. Histoire de tuer des virus, ce qui n’est même pas démontré. Je pense moi que c’est pour l’arôme. Imginez! Des poulets qui sentent le propre… De quoi calmer nos inquiétudes!
Jusqu’à maintenant l’UE, parfois d’humeur chipoteuse, n’en voulait pas. Mais les lobbies américains ont de quoi lui faire passer ces caprices de gosses de riche et ceci grâce à des punitions infligées à travers l’OMC.
La suite ? Ben…on verra. Pour l’instant ces petites gâteries sont dit-on entassées dans des bateaux frigos dans des ports US en attendant la fin de l’affaire.