C’est mon nouveau truc pour transformer en quelque chose de positif le harcèlement incessant des sociétés de télé-marketing: je cherche qui m’appelle, pour de vrai. Et je trouve des trucs tout à fait croquignolets. C’est un peu long, mais le résultat en vaut la peine! Jugez plutôt.
Avant, je faisais comme beaucoup de monde: je voyais les démarcheuses téléphoniques arriver avec leurs grands pieds pour me fourguer des alicaments ou des produits miracles contre les acariens, et je disais très vite que ça ne m’intéressait pas, avant de raccrocher. A la limite de la grossièreté. Ensuite, j’ai monté les enchères et fait dans la provocation, racontant que je fumais, buvais, mangeais du foie gras, haïssais la culture physique et adorais la vie malsaine (ce qui est vrai). Ajoutant que je ne tuais jamais une araignée (ce qui est vrai aussi). Désarçonnées – ou excédées - les dames raccrochaient parfois d’elles-mêmes.
Plus tard, alors que le harcèlement devenait presque quotidien, j’ai lu le billet d’une blogueuse française racontant qu’elle avait fait ce job quand elle était chômeuse et complètement dans la mouise. Elle évoquait les salaires miteux, dont une partie est à la commission, le stress des écoutes de contrôle, les remontrances du chef quand on n’a pas bien servi le message pré-écrit, les injures des clients, les téléphones raccrochés brutalement. Elle demandait à ses lecteurs, en mémoire de sa galère, de parler poliment aux dames (car ce sont évidemment des femmes qui travaillent majoritairement dans ce secteur d’exploitation).
Changer les rôles, poser des questions
J’ai obéi, j’ai laissé les dames débiter leur tirade avant de leur dire que je ne répondais jamais à une sollicitation commerciale par téléphone. Polie. Mais c’est terriblement ennuyeux! C’est pourquoi, maintenant, j’écoute, mais je pose aussi des questions.
Par exemple, aujourd’hui, une dame charmante (et intelligente) appelant depuis le centre d’appel Sekoya à Neuchâtel m’a proposé une cure de six mois pour mes cartilages altérés par l’âge: un complément alimentaire sous forme de gélules à base de moule verte de Nouvelle-Zélande. Le tout pour 540 francs. Je pouvais aussi payer en six fois, mais alors je n’avais pas le gel de massage en cadeau. Les gélules sont commercialisées ─ et non produites, comme le disait la dame ─ par UB Interpharm à Carouge. Là, rien de bien intéressant: business as usual, vente de poudres de perlimpin à des prix conséquents, si ça ne fait pas de bien, au moins on peut supposer que ça ne fait pas de mal. (Mais j’irai y voir de plus près une fois ou l’autre.)
J’ai donc cherché qui est Sekoya. Au détour d’une inscription, j’ai relevé une modification toute récente dans les resopnsables propriétaires de l’entreprise, puisqu’elle date du 7 janvier 2008: «Omnicom SA, qui n’est plus associée, cède sa part de CHF 20′000 à Omnicom Group Holding AG, à Schwende, nouvelle associée sans signature.» Schwende, c’est à Appenzell. C’est comment, les conditions fiscales à Appenzell?
C’est de la «communication hors médias»
Le site d’observation des entreprises, Transnationales.org s’occupe d’Omnicom, le premier réseau de pub mondial. Daytona, une société d’Omnicom en France, le présente ainsi: «Fondée en 1986, Omnicom Group est une holding stratégique regroupant des sociétés leaders intervenant dans les domaines de la publicité, du marketing services, de la communication spécialisée, des médias interactifs et de l’achat d’espace. Le Groupe Omnicom est composé d’environ 650 sociétés, est présent dans une centaine de pays, emploie environ 57 600 personnes, et compte plus de 5000 clients. Omnicom est le numéro 1 mondial des médias avec un chiffre d’affaires en 2004 de 9.747 milliards de dollars et une progression de 13% de son activité versus 2003. Le Groupe segmente son offre en deux parties: la communication traditionnelle et la communication hors médias.» En clair, Omnicom fait dans la téléphonie mobile ─ avec succès ─ dans la pub, dans l’Internet, dans la fabrication de propagande et dans le marketing de produits de toute sorte.
La dame du téléphone m’a dit que Sekoya lui versait un salaire fixe, qui pouvait être augmenté en fonction des résultats commerciaux qu’elle obtenait. Omnicom Group Holding, qui possède de très loin Sekoya, appartient à une dizaine de sociétés financières et autres d’un tonneau voisin, la plupart américaines, avec une britannique et une canadienne. Elle est connue pour s’être établie dans 13 paradis fiscaux et s’être rendue coupable de deux actes de délinquance financière (évasion financière, fraude fiscale, comptes secrets, etc.). Ses bénéfices cumulés depuis 1998 se montent à plus de 1 milliard de dollars. Son dirigeant gagne 274 fois le salaire minimum aux Etats-Unis d’Amérique, qui est actuellement de 6 dollars brut de l’heure.
Il n’y a pas de petit profit. Longue vie aux moules vertes de Nouvelle-Zélande!

8 comments
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12 février 2008 à 09:00
Vanille
Ben dis donc, à côté de ces toiles d’ araignées, tissées en secret, “1984″ avec son bon vieux big brother… c’est même pas la semaine de Suzette.
17 mars 2008 à 06:05
jipé
Texte éclairant les zones obscures du libéralisme anglo-saxon.
Mais le harcèlement au téléphone est assez facile à éviter.
17 mars 2008 à 07:18
alinetestuz
@jipé
Sans doute, sans doute, mais si tu nous disais comment éviter facilement le harcèlement par téléphone sans humilier les téléphonistes elles aussi harcelées par leurs petits chefs? Je m’inscris tout de suite!
10 septembre 2008 à 09:13
Do Keller
Je viens de me faire déranger par cette entreprise pour la ènième fois. A chaque fois je leur demade de me rayer de leur liste d’appels, car nullement interressée par tout ce harcelement commercial. On me répond qu’il nest pas possible de me rayer de leur listes. C’est alors que je demande qui est l’employeur et son siège, afin que je puisse m’y adresser directement. On me répond, Secoya, Neuchâtel. On charchant alors, je vois ça: (Ce qui indique bien toute l’obscurité entre employeur et employés, ces derniers ne connaissent même pas le siège)
10.01.2008 (78)
Sekoya Diffusion Sàrl, à Neuchâtel, CH-645-4095789-3, mise en oeuvre de toute application de marketing directe ou indirecte, etc. (FOSC du 20.05.2003, p. 10). Par suite du transfert de son siège à Montagny-près-Yverdon, la société a été inscrite au registre du commerce du canton de Vaud (FOSC du 28.12.2007, p. 26). Par conséquent elle est radiée d’office du registre du commerce de Neuchâtel.
Oui, moi aussi je voudrais bien connaître le truc pour ne plus à subir ces appels.
19 septembre 2008 à 10:21
Opus 121
Pour ne plus être importuné, faites comme moi. Téléphoner au 032 730 10 10 et demander à parler à Renzo ou Sébastien.
Renzo Del mastro et le dir. Marketing et Sébastien d’Amico le directeur Financier de Omnicom. Ce sont les patrons et les bourreaux des pauvres dames… Mais les deux se sont faire mettre sur liste rouge, alors pas de publication de leur N° dans l’annuaire! Pas folles les guêpes!
Pour que la secrétaire “qui filtre les appels” vous passe l’un des deux zigotos, il faut faire preuve de persuasion.
Faites croire à la secrétaire que vous êtes un ami. Ou alors faites vous passer pour le responsable marketing de Macdo, ou de Nestlé, ou de Coca et que vous souhaitez faire appel à leur service pour une campagne de télémarketing. Vous serez très rapidement mis en relation avec l’un des deux gaillards.
Une fois que vous les avez en ligne, vous leur demander de vous rayer de leur liste, fautes de quoi, vous contacterez l’OFCOM.
Omnicom, Sekoya et Cie sont soumises aux règles de télémarketing de l’OFCOM notamment en ce qui concerne les heures autorisées pour effectuer des appels.
Depuis mon appel en mars 2007, nous sommes aujourd’hui mi septembre 2008, je n’ai plus jamais été importuné. Alors que je l’étais 3 à 5 fois par année avant mon appel.
Bravo pour votre travail d’investigation Aline!
Opus 121
19 septembre 2008 à 10:34
alinetestuz
Merci beaucoup de ces informations, Opus 121! En effet, il faut trouver des combines pour ne plus se faire importuner, voire utiliser des méthodes aussi peu délicates que les leurs, qui viennent vous importuner à n’importe quelle heure.
Mais ça ne résout que le problème individuel, et pour une boîte de télémarketing à la fois. Or c’est tout le système de ces boîtes à vendre du vent et à exploiter les esclaves dans lequel il faudrait mettre du sable.
C’est pourquoi toutes les bonnes idées sont à prendre!
6 octobre 2008 à 12:29
la secrétaire
Pour ne plus être importuné, faites comme moi. Téléphoner au 032 730 10 10 et demander à parler à Renzo ou Sébastien.
Renzo Del mastro et le dir. Marketing et Sébastien d’Amico le directeur Financier de Omnicom. Ce sont les patrons et les bourreaux des pauvres dames… Mais les deux se sont faire mettre sur liste rouge, alors pas de publication de leur N° dans l’annuaire! Pas folles les guêpes!
Pour que la secrétaire “qui filtre les appels” vous passe l’un des deux zigotos, il faut faire preuve de persuasion.
Faites croire à la secrétaire que vous êtes un ami. Petit truc, ils sont tous les deux homos, laissez entendre que vous les avez rencontré dans une boîte gay et que votre demande est privée…
Ou alors faites vous passer pour le responsable marketing de Macdo, ou de Nestlé, ou de Coca et que vous souhaitez faire appel à leur service pour une campagne de télémarketing. Vous serez très rapidement mis en relation avec l’un des deux gaillards.
Réponse :
la “secrétaire” n’est pas que secrétaire, elle est assistante de direction et c’est son rôle de filtrer les appels.
d’autre part, elle n’est pas dupe donc lui faire croire que vous êtes patron de telle ou telle entreprise ne vous servirait absolument à rien.
aussi, notre entreprise est active dans le domaine de la communication, donc si vous avez des remarques à faire parvenir, alors faites-le! mais déblatérez comme vous le faites de manière négative, déplacée et sans connaître ni le processus de SAV ni le mode de fonctionnement de l’entreprise est très malhonnête.
en outre, si les 2 directeurs de la société étaient des bourreaux, nous travaillerions le couteau sous la gorge. Or ce n’est abolument pas le cas, notre cadre de travail est très très agréable, l’ambiance y est jeune et très dynamique, nous y travaillons tous avec beaucoup de plaisir.
Je suis absolument outrée d’avoir à lire ce genre de messages mensongers, avez-vous déjà travaillé dans cette entreprise????
enfin, il est tout à fait inadmissible d’amalgamer vie prof et vie privée.
11 novembre 2008 à 08:56
la secrétaire
ah autre chose que je viens de remarquer le groupe Omnicom n’est PAS DU TOUT américain mais absolumetn suisse, vous avez confondu avec l’autre groupe s’appelant également comme ça.